Ce matin nous sommes partis de bon matin pour Léry Pose (lac en face de la côte des deux amants) François Arnoul, JM et moi.
Nous avons donc commencé par partager un long moment la joie quotidienne des automobilistes qui prennent la route pour aller au travail.
10H15, arrivée sur place.
Soleil déjà bien intense. Un groupe SIV de 11 pilotes enchainent les vols pour des exercices classiques ainsi que pour des lancers de secours.
On se prépare gentiment.
Ne pas oublier de laisser sur la terre ferme avant de décoller : Montre, téléphone, lunettes...
Merci JM pour m'avoir rappelé que j'avais des écouteurs intégrés à mes oreillettes de casque ainsi qu'une télécommande Bluetooth sur une poignée de frein.
Briefing rapide.
Décollage au treuil (treuil dévidoir sur un bateau).
On monte à environ 300 mètres et on largue.
On se met bien de profil pour être beau sur la vidéo.
Puis on jette le secours.
Dès qu'il s'ouvre on doit faire des tours et des tours de frein pour neutraliser la voile. Sinon, configuration "en miroir" et on tombe bien plus vite.
Puis on attend d'avoir le cul dans l'eau. Là le pilote du bateau commence par récupérer le pod sur la poignée duquel on a mis un morceau de mousse lui permettant de flotter.
Ensuite il nous récupère nous.
JM a tout bon : treuillé, lancé de secours, neutralisation de la voile. On le voit au loin tomber tout doucement, tout gentiment dans l'eau. Un sans faute.
Ensuite c'est mon tour.
Déco dos voile dont j'ai horreur.
Je pars à gauche et doit batailler pour me remettre (à peu près) dans l'axe.
Je largue.
Je lance le secours. Il sort très facilement de la poche.
Par contre il met peut-être 2 à 3 secondes à s'ouvrir.
Et là ça merdouille. Dès mon premier tour de frein côté droit j'arrive à me "bloquer" la main et donc la poignée de frein en ayant probablement fait un premier tour de frein en emmenant une suspente. Bref : impossible de faire mes tours de frein. Je vois bien ma voile face à moi, là où elle ne devrait pas être, bien ouverte.
Je bataille. C'est très physique. J'arrive à un moment à choper les suspentes au-dessus des élévateurs mais avec la tension je ne tiens pas longtemps.
Et Hervé qui me crie en radio "tours de freins, tours de freins...".
Et là surprise (comme le temps passe vite quand on s'amuse) je me retrouve à l'eau. Bon on sait que c'est comme ça que ça va finir.
Et en effet, avec la voile en miroir et bien on tombe vite et on tape fort. Heureusement que c'est de l'eau.
Plus tard Hervé me dira qu'entre une voile très peu neutralisée et une voile entièrement ouverte il vaut mieux la voile entièrement ouverte. Il aurait dû me le dire plus tôt ! ;-)
Voile totalement neutralisée = taux de chute de 5 m/s. Pas du tout neutralisée = 7 à 8 m/s. Peu neutralisée = 10 m/s. Une bonne dégueulante !
Deuxième surprise : malgré le gilet de sauvetage j'ai le visage bien appuyé dans l'eau à cause du moussebag de la sellette. En fait je suis en position oblique mais je trouve ça déjà bien stressant.
J'imagine la même situation sans gilet de sauvetage : on a la tête franchement poussée dans l'eau.
Pour info, ça peut servir, ne surtout pas vouloir relever la tête (en arrière) pour respirer mais juste la basculer sur le côté comme on le ferait en nageant le crawl. Plus efficace et moins stressant.
Pour info je me suis acheté (il y a un mois ou deux) un gilet de sauvetage pour les futurs vols de mer. JM et Mathieu et ont un aussi.
François.A a eu un peu les mêmes soucis que moi mais a réussi à chopper les drisses au dessus de la poulie je crois. En tous les cas il a réussi à neutraliser suffisamment la voile pour chuter à une vitesse raisonnable.
Conclusions :
- Je remettrai ça dans un an ou deux histoire de voir si j'arrive à neutraliser ma voile correctement.
- Un gilet de sauvetage, surtout si on a un moussebag, ça aide
- Neutraliser sa voile ce n'est pas trivial. C'est pas simple dans une config où on s'y attend (si un peu quand-même) alors dans une config vrac où on a perdu éventuellement les commandes...
- Ça "fait du bien" d'essayer au moins une fois. Ca permet de vérifier que le pliage et le rangement dans la poche secours sont corrects.
- Ce qui m'a stressé le plus c'est le gonflage dos voile / déco treuil 😂 Bon j'admets aussi qu'une fois dans la galère de n'arriver à rien faire avec ma voile en miroir ça m'a bien stressé aussi !
- Si possible éviter de partir à 7H30 le matin avec tous ces (pénibles) travailleurs.
- Hervé Gabet facture (avec prêt du gilet, de la radio) l'exercice 60 €. Franchement ça ne vaut pas le coup de se priver d'une activité bien sympathique et rafraichissante !
Voilà.
Pas de photo ;-)
Ah oui : la prochaine fois peut-être embarquer une caméra waterproof. J'aurais aimé pouvoir voir exactement ce qui s'est passé au niveau de mes commandes.
François