Du 21 au 25 septembre, nous étions sept à poser nos sellettes à Millau pour un stage cross avec l'école Fly Millau : Laureline, Gabriel, Laurent, JB, Maxime, René-Marc et moi, Anya. Aux commandes, Hugues et Michel, deux moniteurs aussi pédagogues que bienveillants. Voici le récit de nos cinq jours entre causses, falaises et viaduc.
Lundi 21 : on fait connaissance… les pieds sur terre
Rendez-vous à 14h30 à l'atterrissage, juste à côté de la petite cabane de l'école. Premier tour de table : chacun raconte son parcours et ses envies pour la semaine. Apprivoiser une nouvelle voile ou le cocon, mieux comprendre les thermiques, valider des items du BP ou du BPC… le groupe est varié, et c'est ce qui fera sa richesse.
Ensuite, petite révision du matériel : attaches, secours, réglages. Hugues et Michel passent du temps avec chacun.
Côté vol, le vent en a décidé autrement : trop fort pour décoller. Qu'à cela ne tienne, direction l'atterrissage de Brunas pour une séance de gonflage. L'occasion pour les moniteurs de voir comment chacun manie sa voile, et pour nous de se battre avec nos suspentes.
La journée s'achève face au viaduc de Millau, sous un coucher de soleil magnifique. Premières photos, premiers sourires : le ton de la semaine est donné.
Mardi 22 : premiers vols, premières découvertes
Le matin, quelques motivés vont faire de petits ploufs depuis Brunas. Ça ne tient pas longtemps, mais c'est parfait pour se remettre en jambes et reprendre confiance.
À 14h, Laureline ouvre le bal des briefings météo, puis nous montons au Puncho d'Agast, le décollage emblématique de la région. On prend le temps de préparer le matériel et c'est parti !
Les thermiques devant le déco sont bien là, et tout le monde en profite pour enrouler, jouer avec la falaise et découvrir le site. Certains restent en l'air près de trois heures, ce qui n'est pas rien pour un premier jour ! De mon côté, un bon thermique m'a permis de suivre les conseils radio des moniteurs pour un petit tour de la vallée : la pointe de Paulhe, le Puech d'Andan, puis un passage le long du viaduc avant de revenir au déco.
Mercredi 23 : la journée qui a bien failli mal tourner… et qui s'est terminée en beauté
Changement de programme côté météo : le vent passe au sud et les plafonds annoncés ne font pas rêver. Après le briefing, nous voilà de nouveau au déco, avec l'envie d'en découdre.
Les premiers partis tentent leur chance vers le nord, mais l'air ne monte pas bien haut ce jour-là. Gabriel va se poser du côté de Paulhe, Laureline du côté de La Cresse. Les autres enchaînent eux aussi de petits vols. Bref, chacun s'est posé un peu où il a pu !
Commence alors la grande chasse au trésor : près de deux heures de navette pour récupérer tout le monde. Petit souci, certains trackers avaient l'humeur farceuse, et nous sommes arrivés plusieurs fois à des points GPS… où il n'y avait personne. Une leçon retenue par tous : un tracking bien réglé, ça change la vie du chauffeur.
Vers 18h, alors que la journée semblait pliée, Hugues et Michel nous proposent de tenter un dernier vol. Et quelle bonne idée ! L'air se met à porter partout. Tout le groupe décolle et part en balade vers le nord sur une dizaine de km.
Nous avons fini la journée en soaring, dans un ciel aux couleurs incroyables, à regarder le soleil disparaître derrière les causses. Pour plusieurs d'entre nous, c'était le tout premier vol au coucher de soleil. Gabriel et moi avons posé quelques minutes avant la fin de l'horaire autorisé. Magique, tout simplement.
Jeudi 24 : ciel gris, beaux vols quand même
Ce jour-là, les nuages sont de la partie et personne ne s'attend à grand-chose. Les premiers décollages donnent des vols de 30 à 40 minutes.
Maxime et moi décollons parmi les derniers, et les nuages nous laissent un petit créneau. Nous partons vers Paulhe où le moniteur nous rejoins en l’air. Maxime choisit de faire demi-tour, et la suite se transforme pour moi en véritable cours particulier avec Hugues : enrouler les thermiques à droite, bien se placer, gérer les transitions… Le tour de la vallée nous fait même survoler le viaduc de Millau avant de poser à l'atterrissage.
Pendant ce temps, ceux qui s'étaient posés tôt remontent au déco pour un second vol : le petit circuit classique vers Paulhe et retour pour certains, une tentative de traversée vers Brunas pour d'autres, mais le vent de face a eu le dernier mot et les a renvoyés poser en bas. Pas grave : tout le monde a volé, et tout le monde a appris quelque chose.
Vendredi 25 : le grand final sur le Larzac
Pour le dernier jour, c'est moi qui m'y colle pour le briefing météo. Le vent de nord est annoncé, et le plan est simple : partir vers le nord, revenir vers le viaduc, puis se laisser pousser vers le plateau du Larzac pour voir jusqu'où ça nous mène.
Laureline part la première, mais choisit une autre route vers le Puech d'Andan et s'y pose. Les autres suivent vers le nord, avec plus ou moins d'altitude et d'audace. Gabriel, René-Marc et moi arrivons à Paulhe, rejoints par Hugues… en biplace avec JB, qui avait préféré ne pas décoller à cause du vent forcissant. Excellent choix, puisqu'il allait vivre toute l'aventure aux premières loges !
À Paulhe, un thermique monstre nous attend, de ceux qui font grimper très vite et qui secouent bien. Après avoir pris pas mal d’altitude nous voilà partis vers le Sud poussés par le Nord : la falaise dans l'autre sens, le survol de Millau, puis le viaduc, une première pour Gabriel !
Puis vient le grand saut : le Larzac. Pour Gabriel comme pour moi, c'était le premier vol de plaine. Plus de relief, plus de repères habituels, juste un immense plateau sous nos pieds, et une question : « Mais jusqu'où on va aller ? » Contre toute attente, les thermiques sont au rendez-vous. On se laisse guider par les vautours et ça monte, encore et encore.
La fin est plus mouvementée : la brise de sud vient à notre rencontre et l'air devient franchement agité. Impossible d'avancer, et même avec les oreilles et l'accélérateur à fond, ça monte encore ! Quelques sueurs froides, puis la brise se calme juste avant de toucher le sol, et nous posons sans encombre dans un champ, du côté du Caylar. Résultat : environ 50 km de vol, le plus long à ce jour pour Gabriel et moi.
Pendant ce temps, le reste du groupe s'offre un joli vol en soaring à Brunas en fin de journée. Une belle manière de boucler la semaine pour tout le monde.
Et entre deux vols ?
Les soirées se passaient autour de bons repas cuisinés ensemble, partagés avec un autre groupe de pilotes autonomes logés avec nous. Mention spéciale à nos moniteurs : malgré des journées de dingue commencées dès 8h et terminées vers 20h30 ou 21h, ils ont encore trouvé l'énergie de dîner et trinquer avec nous plusieurs soirs dans la semaine.
Ce stage, c'était avant tout une aventure collective. Chacun est reparti avec des progrès, de beaux souvenirs et l'envie de revenir. L'ambiance était chaleureuse et solidaire du début à la fin, et Millau, que nous découvrions tous pour la première fois, nous a régalés de paysages superbes.
Un immense merci à Gabriel, qui a organisé ce stage, à tout le groupe pour la bonne humeur et l'entraide, et bien sûr à Hugues et Michel de Fly Millau. Leur disponibilité, leur patience et leur gentillesse ont fait de cette semaine une expérience vraiment à part.
À très vite en l'air !
Anya, alias Soyouz 🚀🪂